WORLD RUGBY : MAÎTRE MONTHÉ «ENFONCE» LE CAMEROUN

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WORLD RUGBY : MAÎTRE MONTHÉ «ENFONCE» LE CAMEROUN

En dépit d’une interdiction d’exercer de cinq ans et de la suspension de la Fecarugby par World Rugby, Me Patrice Monthé maintient son bras de fer. En orchestrant un rassemblement controversé à Yaoundé, il illustre un mépris persistant qui enfonce le rugby camerounais dans une crise durable.

Malgré une suspension de 5 ans infligée par Rugby Afrique et la mise au ban du Cameroun par World Rugby, l’ancien président de la Fecarugby poursuit ses activités au mépris des sanctions. Un acte de défiance qui plonge le rugby camerounais dans une impasse destructrice.

Un bras de fer au mépris des instances internationales

Frappé d’une interdiction d’exercer toute activité liée au rugby pour une durée de cinq ans par Rugby Afrique, Me Patrice Monthé refuse de rendre les armes. Resté silencieux depuis la publication de cette lourde sanction le 15 novembre 2025, l’avocat et dirigeant sportif a brutalement brisé son mutisme ce samedi 31 octobre 2026. En organisant une cérémonie publique en lien direct avec l’ovale au Palais polyvalent des sports de Yaoundé, il a envoyé un signal clair d’insoumission.

Cette sortie médiatique constitue un acte de défiance flagrant envers la Commission juridique et disciplinaire de Rugby Afrique, mais aussi contre la présidence de World Rugby. En agissant comme si de rien n’était, Me Monthé ignore royalement des sanctions pourtant motivées par des dérives graves. Une attitude d’évitement qui illustre une fâcheuse habitude consistant à considérer les décisions des juridictions sportives comme de vulgaires chiffons de papier.

Une spirale de sanctions qui asphyxie le rugby camerounais

La genèse de cette crise remonte au processus électoral du 28 décembre 2024, entaché d’irrégularités manifestes et conduit par le Magistrat Félix Etoundi Onana. Malgré les alerte répété de Rugby Afrique auprès du Ministère des Sports, les instances camerounaises ont fait la sourde oreille. La réponse internationale ne s’est pas faite attendre : suspension pour 5 ans de Me Monthé, puis décision couperet de l’Exécutif Board de World Rugby, présidé par David Carrigy, le 23 juin 2026. La Fédération Camerounaise de Rugby (Fecarugby) s’est vue suspendue de sa qualité de membre avec effet immédiat, privant ses athlètes de toute compétition internationale.

Loin de faire amende honorable, l’ancien dirigeant persiste. Lors de son rassemblement du 31 octobre, il a tenu à féliciter les joueurs de l’association Camer Rugby (ACR) pour leur victoire au tournoi Bouclier d’Africus disputé au Gabon en juin 2026. Pour marquer davantage son opposition, il s’est entouré de Félix Etoundi Onana et du président de la Fédération Gabonaise de Rugby, Jean Marc Laissy.

Désapprobation générale et isolement d’un dirigeant

Dans l’environnement du rugby camerounais, cette posture divise et suscite une vive indignation. De nombreux acteurs de la discipline ont choisi de boycotter l’événement pour ne pas se rendre complices de cette mascarade. Néanmoins, la présence de personnalités comme Justin Nde, Dany Martial Akamba, Duclair Takam, Evelyne Ndjakomo ou encore Fabrice Folefack, venus acclamer cette démarche, a scandalisé les observateurs qui y voient une imposture maladroite.

Face aux critiques et à l’isolement du Cameroun déjà suspendu une première fois en 2013 puis de nouveau en juin 2026, Me Monthé affiche une sérénité déconcertante. « Je ne suis pas très inquiet, parce que la suspension de la Fédération Camerounaise de Rugby nait des camerounais eux-mêmes… mais ce n’est pas ma préoccupation », a-t-il affirmé. Un détachement glacial qui montre que la survie du rugby national semble passer bien après les querelles d’égos et les ambitions personnelles.

Pacôme GUY

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