Le Palais Polyvalent des Sports de Yaoundé a servi de cadre, le 22 janvier 2026, à une rentrée administrative solennelle pour le mouvement sportif camerounais.
Dans une atmosphère de « retrouvailles en l’air », le Ministre des Sports et de l’Éducation Physique, le Pr Narcisse Mouelle Kombi, a dressé un panorama exhaustif des ambitions gouvernementales. Au-delà du rituel protocolaire, ce discours a agi comme un véritable levier de remobilisation des troupes. Le ministre a d’emblée placé l’année sous le sceau de l’intérêt général et du « pacto social », appelant à une vie nouvelle au sein d’une famille sportive endeuillée par les pertes de 2025. Cette transition vers 2026 s’inscrit dans une volonté de rupture avec les anciennes pratiques, privilégiant désormais le consensus et l’apaisement dans le processus de renouvellement des instances fédérales, tout en honorant la mémoire de ceux qui ont servi le drapeau.
Un bilan 2025 marqué par le rayonnement international
L’exercice écoulé a été présenté comme une période de consolidation des acquis, où le Cameroun a maintenu son rang sur l’échiquier mondial. Le bilan de 2025 se caractérise par une participation active et méritoire de nos athlètes dans diverses disciplines internationales, soutenue par une diplomatie sportive dynamique. Le ministre a salué la résilience du mouvement sportif national qui, malgré des défis structurels, a su porter haut les couleurs du pays lors des compétitions régionales et continentales. Ce bilan n’est pas seulement technique ; il est aussi humain, marqué par le renforcement de la formation des cadres et la maintenance des infrastructures existantes. L’année 2025 a servi de laboratoire pour tester la capacité de l’administration à gérer des crises internes et à préparer le terrain pour les réformes de fond qui s’imposent désormais pour garantir la pérennité de l’excellence sportive camerounaise.
2026 : Le chantier de l’Université Nationale du Sport
L’année 2026 s’annonce comme celle de la concrétisation des grands projets structurants, avec en tête de proue l’accélération de la création de l’Université Nationale du Sport. Cette institution se veut le pivot de la professionnalisation du secteur, visant la formation d’une nouvelle génération de professeurs et de maîtres d’éducation physique, qu’ils soient fonctionnaires ou non. Parallèlement à cette révolution académique, le MINSEP mise sur une transformation numérique profonde et une décentralisation accrue de l’administration sportive à travers la construction de délégations départementales et la réhabilitation des services régionaux. La promotion de la santé publique par la « vulnéralisation » (vulgarisation) des activités physiques devient un axe de développement social majeur. L’objectif est de transformer le sport en un moteur de croissance économique et de cohésion nationale, en intégrant l’enseignement sportif de manière plus rigoureuse dans l’ensemble du système éducatif camerounais.

Rigueur financière et « Tolérance Zéro » pour l’indiscipline
Sur le plan de la gouvernance, le Pr Narcisse Mouelle Kombi a réaffirmé avec fermeté l’application des règles de gestion budgétaire. Conformément aux directives du ministère des Finances, la rationalisation des dépenses est désormais la norme : les présidents de fédérations expriment les besoins, mais la gestion des fonds reste sous le contrôle strict du MINSEP, avec une obligation impérative de reddition des comptes et de production de justificatifs sous 100 jours. Cette rigueur comptable s’accompagne d’un volet disciplinaire sans précédent. Le ministre a fustigé les comportements éthiques déplorables, la propagation de fausses nouvelles et les outrages à la hiérarchie. En 2026, la coordination administrative sera systématisée pour garantir le respect de l’orthodoxie républicaine. Chaque responsable est désormais investi de la mission de tenir ses personnels avec une « main vigoureuse » afin de préserver l’image de l’État et de garantir l’efficacité de l’action publique sportive.
Vers une diplomatie sportive diversifiée
Enfin, l’ouverture sur le monde reste un pilier central de la stratégie 2026. Le Cameroun entend multiplier les partenariats stratégiques pour diversifier ses ressources et son influence. En renforçant ses liens avec les instances organisatrices des Jeux de la Francophonie, du Commonwealth, et de la Solidarité Islamique, le pays cherche à maximiser la participation de ses athlètes dans des cadres variés. Cette coopération internationale ne se limite pas à la compétition, mais s’étend au partage d’expertises technologiques et méthodologiques. Sous la haute impulsion du Chef de l’État, le MINSEP s’engage dans une quête de performance qui allie la réduction du train de vie de l’État à une forte valeur ajoutée économique. Cette synergie entre diplomatie, rigueur financière et excellence technique doit permettre au Cameroun de récolter, selon les mots du ministre, des résultats à la hauteur des espérances de la nation tout entière.
Elvira KOUMIS BAKALA

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