Face à la presse le dimanche 8 février 2026 à Yaoundé, le président de la Fédération Camerounaise de Volleyball a fait le point sur la Blue Volleyball League (BVL). Entre rigueur financière, offensive sur les infrastructures et stratégie de formation, Julien Serge Abouem affiche une ambition claire : transformer le volleyball camerounais en une industrie d’élite d’ici six ans.
Le Collège Johnston de Yaoundé a servi de cadre, ce dimanche, à une mise au point stratégique de la Fécavolley. Malgré un environnement marqué par des zones de turbulences administratives, Julien Serge Abouem reste imperturbable. Son cap est fixé sur trois piliers : la structuration des clubs, le développement des infrastructures et la montée en puissance du Beach-Volleyball.
La Blue Volleyball League : l’apprentissage de la rigueur
Le passage au semi-professionnalisme ne se fera pas sans douleur, et le président Abouem l’a rappelé avec fermeté. Pour lui, le professionnalisme est un « paradigme » qui exige de la transparence. « Aucun des huit clubs n’a encore fourni de compte d’affaires. L’argent ne dort pas, et notre sponsor principal nous aide, mais les charges augmentent », a-t-il martelé.
L’exigence est désormais contractuelle : pour percevoir les appuis financiers, les clubs doivent fournir des comptes bancaires et des contrats civiques pour les joueurs. L’objectif est social : garantir une « équité culte » aux athlètes, avec une projection de salaire minimum de 200 000 FCFA par mois d’ici 2028-2029. Pour le président, la discipline commence par la montre : « Quand on lance un match à 17h, c’est 17h. »
Le défi des infrastructures : « Sortir du goudron »
C’est le point critique, le « ventre-mou » de la discipline. Julien Serge Abouem ne cache pas son admiration pour le génie camerounais qui parvient à battre des nations comme l’Égypte ou le Maroc, où les gymnases pullulent. Pour rivaliser durablement avec le Brésil ou l’Italie, le Cameroun doit se doter de salles couvertes.
Le plan est ambitieux : dix gymnases d’ici 2033. Si des chantiers à Bafia, Ngaoundéré ou Bangangté ont connu des ralentissements, un nouveau système de financement lié à la BVL est mis en place pour achever ces édifices. « On ne peut pas jouer sur la terre nue et croire qu’on va battre l’Américain ou le Russe », a-t-il rappelé, lançant un appel aux journalistes et mécènes pour accompagner ce chantier national.
Beach-Volleyball et formation : les gisements de croissance
Pour élargir la base des licenciés, la Fécavolley mise sur le Beach-Volleyball, une discipline plus accessible financièrement (un terrain coûte environ 2 millions de FCFA). Des négociations sont en cours avec six communes pour installer des aires de jeux dans un modèle de partenariat privé-privé.
Enfin, sur la question de la crise interne qui secoue la discipline, Julien Serge Abouem s’est voulu rassurant, qualifiant les tensions de « voile de fumée » porté par des individualités. Pour lui, la réalité est sur le terrain : la formation de jeunes aux qualités morphologiques précises (filles d’1,80m et garçons de 2,05m). « La crème est ici. Dans deux ou trois ans, nous serons à nouveau au sommet de l’Afrique », a-t-il conclu, confiant dans la force du « financing by performance » qui lie les revenus de la fédération aux victoires internationales.
Junior NTEPPE KASSI

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