Le monde du volley-ball s’est réveillé avec un voile noir ce dimanche 1er mars 2026. Guy-Roger Nanga, figure tutélaire du filet tant au Cameroun qu’en France, s’est éteint à l’âge de 53 ans. Terrassé par un arrêt cardiaque qui l’avait plongé dans un coma profond pendant 40 jours à Lyon, celui que l’on surnommait le « bombardier » laisse derrière lui un héritage colossal et une communauté sportive en deuil.
Un athlète aux dimensions hors normes
Né le 15 avril 1973, Guy-Roger Nanga n’était pas seulement un joueur de volley-ball ; il en était l’incarnation physique et technique. Du haut de ses 194 cm, il possédait une détente phénoménale culminant à 365 cm en attaque, une altitude qui lui permettait de survoler les blocs les plus denses. Sa puissance de frappe et son explosivité au poste de pointu ont fait de lui l’un des attaquants les plus redoutés de sa génération.
Son parcours en club se lit comme un tour d’honneur des parquets européens et du Golfe. De Riom à l’ASUL Lyon, en passant par Martigues et Tourcoing, Nanga a marqué la France de son empreinte. Le point d’orgue de son aventure hexagonale restera la saison 2001/2002, où il fut sacré Meilleur Attaquant du Championnat de France. À l’étranger, c’est en Grèce qu’il a véritablement rayonné, notamment au PAOK Salonique et à l’Olympiakós, décrochant le titre de Meilleur Serveur du Championnat grec en 2007/2008.
Le drapeau vert-rouge-jaune au cœur
Si sa carrière en club fut étincelante, c’est sous le maillot des Lions Indomptables que Guy-Roger Nanga est entré dans la légende. Médaillé d’or aux Jeux Africains de 1999, il a porté le volley-ball camerounais vers les sommets continentaux. Individuellement, il avait été honoré comme Meilleur Serveur du Championnat d’Afrique en 2003, une distinction qui soulignait sa polyvalence et sa précision chirurgicale.
De l’arène au banc de touche
La transition vers le coaching s’était faite avec la même rigueur. Nommé sélectionneur national du Cameroun en 2019, il avait pour mission d’insuffler une nouvelle culture technico-tactique. Son expertise a porté ses fruits : sous sa houlette, le Cameroun a décroché des médailles d’argent continentales et un bronze historique aux Jeux de la Solidarité Islamique.
Jusqu’à ses derniers instants conscients, Guy-Roger Nanga servait la cause du volley. Entraîneur principal d’Asnières Volley 92 la saison dernière, il s’apprêtait à diriger les micro-cycles de l’équipe nationale ce mois-ci. « C’est une grosse perte pour nous », a confié avec émotion Julien Serge Abouem, Président de la Fédération camerounaise. « Dieu en a décidé autrement. »
Un vide incommensurable
De Martigues à Yaoundé, les hommages affluent pour saluer l’homme derrière le champion. On se souviendra de l’attaquant explosif capable de faire chavirer une salle entière sur un smash, mais aussi du pédagogue dévoué. Guy-Roger Nanga n’est plus, mais ses trajectoires de balles resteront gravées dans la mémoire de ceux qui ont eu le privilège de le voir s’élever au-dessus du filet.
Junior NTEPPE KASSI

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