La capitale malienne a vibré au rythme des exploits de la délégation camerounaise. Avec une moisson historique de 11 médailles, les Lions Indomptables du taekwondo confirment la dynamique triomphante du sport national, tout en envoyant un message fort aux instances dirigeantes.
Bamako s’en souviendra. Clôturés ce mardi 2 juin 2026, les Championnats d’Afrique de Taekwondo ont vu le Cameroun signer l’une des plus belles pages de son histoire martiale contemporaine. Après un démarrage méthodique, calqué sur la puissance tranquille d’un moteur diesel, la machine camerounaise a littéralement explosé la concurrence pour se hisser sur la deuxième marche du classement général africain, tant chez les dames que chez les messieurs. Au total, ce sont 11 médailles (4 en Or, 3 en Argent et 4 en Bronze) qui viennent enrichir le palmarès de la nation.
Le tableau des héros de Bamako
Le tatami du Palais des Sports de Bamako a été le théâtre de démonstrations magistrales de la part des athlètes camerounais, qui se sont illustrés à la fois en individuel et en équipe, à travers le Poomsae et le Para-Kyorugi. Dans cette démonstration de force, le Métal Précieux (OR) a été fièrement arboré par le Grand Maître (GM) Hypolie Fotso Bona qui a survolé les débats en individuel, tandis que le trio de Lionnes composé de Yonkeu, Mbino et Enyengue s’est également paré d’or au terme d’une prestation d’équipe millimétrée. L’Argent du courage a quant à lui récompensé les efforts du trio messieurs composé de Ntyam, Mekontchou et Ebem, mais aussi du GM Henri Nkam et de Thérèse Enyegue, tous deux montés sur la deuxième marche du podium individuel après des finales de très haute volée. Enfin, affirmant la force de l’inclusion de la délégation, les athlètes engagés en Para-Kyorugi et en Poomsae ont complété cette moisson historique en décrochant plusieurs médailles de bronze, prouvant la compétitivité absolue du Cameroun sur tous les fronts de la discipline.
Une victoire politique et institutionnelle
Derrière les larmes de joie et la sueur des tatamis, ce triomphe vient braquer les projecteurs sur la gouvernance sportive nationale. Pour de nombreux observateurs, cette razzia de médailles est le fruit direct d’une fédération alignée de manière rigoureuse sur la politique sportive de l’État.
Alors que le ministre des Sports et de l’Éducation Physique, le Professeur Narcisse Mouelle Kombi, multiplie les déplacements sur le terrain à travers le triangle national pour soutenir toutes les disciplines du Grand Prix Hippique au Tour Cycliste International , le taekwondo démontre qu’une synergie parfaite entre les fédérations et la tutelle gouvernementale produit inévitablement l’excellence.
« Le sport camerounais avance vite et fort. Le vert-rouge-jaune s’impose désormais partout, de Bamako à Los Angeles, en passant par Castellón ou Riyad », commente un analyste proche du dossier.
Un tacle aux « fédérations rebelles »
Cependant, ce sacre laisse un goût d’avertissement dans les couloirs du sport camerounais. Ce succès éclatant met en exergue, par contraste, le retard accumulé par certaines fédérations jugées « hors-sol ».
Le message porté par les acteurs de cette victoire à Bamako est clair : le temps des présidents de fédérations qui agissent en propriétaires exclusifs, au détriment des athlètes et des directives de l’État, doit s’arrêter. Les performances du Taekwondo rappellent que le rayonnement international du Cameroun ne peut s’écrire que dans la discipline, l’obéissance aux institutions et le respect du peuple camerounais.
Le Cameroun du sport rugit à nouveau, et cette fois-ci, l’écho est parti de Bamako pour résonner à travers tout le continent.
Par Céline Vérane BALLA BINDZI

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