Les esprits s’échauffent entre la Fédération camerounaise de football et le ministère des Sports et de l’Éducation physique, à quelques jours de l’échéance électorale prévue le 29 novembre prochain.
Seul candidat officiellement admis à sa propre réélection, Samuel Eto’o, président actuel de la Fecafoot (Fédération camerounaise de football), fait face à l’hostilité déclarée de son ministère de tutelle. Empêché de se représenter, du moins selon la volonté du ministère des Sports (Minsep), qui a ordonné la suspension du processus électoral fin août au motif d’irrégularités persistantes, l’ex-joueur des Lions indomptables a fait la sourde oreille. Il a continué d’avancer inexorablement vers le scrutin.
Tous les candidats recalés… sauf Eto’o !
Le chemin vers l’élection semble avoir été méticuleusement préparé. Ses deux frères, Étienne et David Eto’o, ont d’abord été élus dans les ligues régionales du Sud-Ouest et du Littoral, fin octobre, tout comme Céline Eko, une de ses fidèles et membre sortant du comité exécutif. Par la suite, tous ses concurrents déclarés à savoir Gilles Christian Ngnize, Kalgong Georges, Heumo Leudjeu Yianick et Oumarou Moussa ont été systématiquement recalés. Seule la candidature de l’ex-buteur emblématique du Cameroun (118 sélections, 56 buts) a été validée pour l’assemblée générale élective.
Le ministère des Sports demande l’interdiction de l’assemblée générale élective de la Fecafoot.
Tout s’imbrique ainsi parfaitement pour la réélection de Samuel Eto’o, prévue pour le 29 novembre prochain à Yaoundé, pour un second mandat, à moins que l’Assemblée générale élective ne soit formellement empêchée. C’est précisément cette interdiction que le ministre des Sports et de l’Éducation physique, le Pr Narcisse Mouelle Kombi, a sollicitée auprès du ministère de l’Administration territoriale (Minat). Le ministre Mouelle Kombi a ainsi saisi le Minat en ces termes : « J’ai l’honneur de solliciter de vos services compétents, sur toute l’étendue du territoire national, l’interdiction de toutes assemblées constitutives et/ou électives dans le domaine du football, y compris celle projetée par la Fecafoot le 29 novembre 2025 à Mbankomo. Cette mesure conservatoire permettra d’envisager sereinement, avec tous les acteurs concernés, la possibilité de l’organisation à terme d’un processus électoral concerté, inclusif, apaisé et transparent. »
Snobé par l’ancien numéro 9 du Barça et de l’Inter Milan, le ministre des Sports justifie sa démarche par la nécessité de préserver la paix et l’ordre public face à une « crise » qu’il estime latente dans le pays, nourrie par les ressentiments des acteurs locaux envers la gestion d’Eto’o. Outre les menaces à l’ordre public, le politique reproche au président de la Fecafoot « l’exclusion ciblée et arbitraire de certains acteurs et potentiels candidats » et « l’intégration dans le corps électoral des clubs et ligues fictifs », entre autres griefs. Cependant, cette interpellation ministérielle apparaît comme un aveu d’impuissance.
En effet, sauf revirement du principal concerné, rien ne saurait empêcher Eto’o de se succéder à lui-même, étant donné que toute interférence étatique dans les affaires d’une fédération est rigoureusement prohibée par la FIFA. L’affaire, qui cristallise les tensions entre le gouvernement et l’instance fédérale, est à suivre de près.
Junior NTEPPE KASSI


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