Une semaine après la réélection contestée de Bello Bourdanne à la tête de la Fédération Camerounaise de Volleyball (Fecavolley), le camp de la « réconciliation » se déchire. Lors d’un point de presse incendiaire tenu à Yaoundé le vendredi 13 février 2026, Antoine Biyag et Joe Archange Samba Ngwana ont fustigé une « mascarade électorale » et une gestion opaque, promettant de porter l’affaire devant les instances internationales et nationales.
L’accalmie aura été de courte durée au sein de la famille du volleyball camerounais. Alors que l’élection du 7 février dernier devait sceller la stabilité de la faction dite de la « réconciliation », le vent de la fronde souffle désormais de l’intérieur. Antoine Biyag, membre du Conseil d’administration, et Joe Archange Samba Ngwana, responsable des Finances de cette faction, ont donné un point de presse le vendredi 13 février 2026 à Yaoundé pour fustiger une « mascarade électorale » et une gestion opaque. Antoine Biyag a d’emblée planté le décor en dénonçant une dérive autoritaire : « C’est parce qu’il y a eu trop de problèmes à l’interne, et puis le principal problème qui est celui du président sortant, qui a choisi de faire une élection sans concurrence ». Il fustige une réélection obtenue par la force plutôt que par le droit, affirmant que « le président a préféré qu’on surveille les informations des élections, ce qui a poussé presque tout le monde du volleyball à réagir ». Pour les dénonciateurs, le processus actuel ne vise qu’à installer un « règne de hors-la-loi » au détriment de l’intérêt supérieur des athlètes.
Un simulacre d’élection au mépris des textes
Le principal grief porte sur la précipitation suspecte du calendrier électoral et le non-respect des délais légaux. Joe Archange Samba Ngwana a fustigé une « collusion entre le président sortant et la Commission électorale indépendante » ayant conduit à la violation flagrante des articles 12, 10, 4 et 13 du Code électoral. Il souligne que ce texte impose un délai de 20 jours après l’annonce officielle pour permettre le dépôt des candidatures : « Lorsque je suis informé le 3 février de l’élection qui doit se dérouler le 7 février, matériellement, comment je fais pour avoir ne serait-ce que l’extrait de casier judiciaire ? C’est impossible ». Il relate également l’opacité totale ayant entouré le scrutin, précisant que « les présidents de clubs étaient appelés par téléphone à 11h30 pour une élection qui devait se tenir à 14h ». Cette compression du calendrier a conduit à un scrutin verrouillé où, selon lui, « chaque poste n’avait qu’un seul candidat, ce qui dénote tout simplement une mascarade ».
Conflits d’intérêts et « Clubs Fantômes »
Antoine Biyag pointe du doigt un système de clientélisme structurel, affirmant que le nouveau bureau n’est composé que de représentants issus de clubs (Litto Team, Mayo kani, etc) directement financés par Bello Bourdanne. Il dénonce une violation flagrante de la loi : « L’article 45 de la loi 2018 dit très bien que les fonctions de président de club et président de fédération sont incompatibles ». Concernant la prétendue démission du président sortant de son club huit jours après son élection en 2023, Biyag s’interroge avec ironie : « C’était quoi l’urgence ? Est-ce que c’est parce qu’on a démissionné que ça veut dire qu’un acte n’a pas été consommé ? Non ». Il déplore également le silence de la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage, dont les motifs de rejet de sa requête l’ont laissé pantois : « On me dit que je n’ai pas d’intérêt alors que je suis membre du Conseil d’Administration et de l’Assemblée Générale ».
Vers un arbitrage international ?
Face à cette « forfaiture », les contestataires ont décidé de passer à l’offensive juridique internationale. Joe Archange Samba Ngwana révèle avoir personnellement saisi la présidente de la Confédération Africaine de Volleyball (CAVB) et les départements juridiques de la FIVB et du CIO. Il brandit une preuve de ce désaveu international : « La pseudo-victoire a été supprimée de la page Facebook de la Confédération africaine de volleyball… C’est un message fort que le président devrait connaître ». Il prévient que le camp des frondeurs ne reculera devant rien : « Nous ne permettrons pas une telle forfaiture… Nous nous verrons dans l’obligation de continuer notre action juridique ». Antoine Biyag renforce cette détermination en annonçant : « Si jamais ils insistent dans la même lancée pour reconnaître cette élection, nous allons monter en puissance et ce qui arrivera, arrivera ».
Une tutelle pointée du doigt
Le rôle du ministère des Sports est également au cœur des critiques. Joe Archange Samba Ngwana s’insurge contre l’attitude des services de la tutelle : « Les collaborateurs du ministre des sports ont induit le ministre en erreur en le poussant à valider la tenue d’une élection illégale qui ne respectait aucun canevas ». Il s’étonne de ce paradoxe administratif : « Pourquoi le ministère des Sports, qui valide un texte fédéral, est le premier à suivre la violation de ce texte ? ». En conclusion, il lance un appel au calme tout en exigeant la justice : « Il est encore temps d’annuler ce processus électoral. Il faut organiser des élections transparentes… Si d’aventure le président est réélu, ce ne sera que justice. Mais nous ne pouvons pas supporter que le président sortant se permette de violer les textes ».
Les deux hommes disent désormais attendre un arbitrage définitif du Ministre pour éviter que le volleyball camerounais ne sombre davantage dans le chaos. En rappel, la Fédération Camerounaise de Volleyball est en crise depuis 2023 avec deux factions qui d’affronte. La première, dite de la Réfondation est dirigée par Julien Serge Abouem qui est reconnu par les décisions de justice de l’Etat du Cameroun. Tandis que la deuxième dite de la « réconciliation » est dirigée par Bello Bourdanne. C’est donc une affaire à suivre…
PACOME GUY

COMMENTS