Le capitaine de l’équipe nationale seniors messieurs de Volleyball du Cameroun, Awal Said Ahmed initié une plainte contre Bello Bourdanne, usurpateur du titre président de la Fecavolley pour des promesses de primes impayées.
Le volleyball camerounais est secoué par une nouvelle affaire de primes impayées, jetant une ombre sur la performance des Lions Indomptables masculins, quatrièmes de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2023 au Caire. Le capitaine Awal Said Ahmed, au nom de l’équipe, a déposé une plainte par voie d’huissier le 24 octobre 2025, interpellant directement Bello Bourdanne, l’homme imposé par le Minsep à la tête de la Fédération Camerounaise de Volleyball (Fecavolley) mais dont la légitimité est contestée. Cette démarche officielle met en lumière le désarroi et la frustration d’athlètes qui estiment que leurs sacrifices financiers et leur engagement sportif ont été méprisés.
Un cri du cœur des joueurs
Dans une correspondance intitulée « demande de clarification et de versement de primes-CAN CAIRE 2023 », l’équipe exprime son profond désarroi. Les joueurs dénoncent le non-versement des primes de participation et de position qui leur avaient été pourtant clairement annoncées par le vice-président, Dr. Elias Matip. Ils soulignent : « À ce jour, nous n’avons reçu que 500 euros, correspondant uniquement à la prime du stage de préparation, alors que les primes de participation et de position… restent dues. » Les professionnels rappellent avoir transmis des dossiers complets incluant contrats en club, manque à gagner et billets d’avion non remboursés, mais déplorent qu' »aucune des sommes dues n’a été versée, créant frustration et inquiétude parmi l’ensemble des joueurs. » La situation est d’autant plus insoutenable que des rumeurs non confirmées circulent, selon lesquelles ces primes auraient déjà été mises à disposition de la Fédération, alimentant la « confusion et la détresse au sein du groupe ».
Un double objectif : paiement et transparence
La démarche collective poursuit un double objectif vital pour les athlètes. Le premier est d’obtenir le versement effectif des primes et remboursements dans les meilleurs délais, en coordination avec le Ministère des Sports et de l’éducation physique, la Paierie du Trésor et les services compétents. Le second objectif est d’exiger une clarification officielle de la situation, jugée opaque, afin de « mettre fin aux rumeurs et de rétablir un climat de confiance et de transparence. » Les Lions rappellent, avec amertume, les sacrifices financiers importants qu’ils ont dû consentir, notamment en payant eux-mêmes leurs billets d’avion et leur hébergement pour représenter le Cameroun à l’étranger, bien avant que ne surviennent les complications du contexte post-électoral à la Fecavolley. Leur engagement avait pourtant mené l’équipe à une honorable quatrième place de la CAN, derrière l’Égypte, la Tunisie et la Libye.
Le contexte explosif de la Fecavolley
Cette plainte vient exacerber le climat de crise de légitimité qui mine la Fecavolley. Bello Bourdanne, imposé par le Minsep, semble désormais « dos au mur » face à la pression légale exercée par le capitaine de l’équipe nationale. Sa position est affaiblie par l’usurpation de titre dénoncée par les joueurs, qui s’adressent à lui en tant que « président de la Fédération Camerounaise de volleyball ». Pendant ce temps, Julien Serge Abouem, le président légal et légitime de la Fédération, reconnu par la justice du pays, prépare sereinement le démarrage du championnat Semi-professionnel qui doit débuter ce mois de novembre. Cette dualité et cette guerre intestine au sein de la gouvernance fédérale font des athlètes les victimes collatérales d’une situation où leur travail et leurs sacrifices sont relégués au second plan, au profit des luttes de pouvoir.
Quid de la dernière décision rendue publique par la cour d’appel du Centre
Dans un arrêt retentissant, la Cour d’appel du Centre a rejeté la défense à exécution de Bello Bourdanne, confirmant ainsi la légitimité de Julien Serge Abouem comme président de la FECAVOLLEY.
En effet, la Cour d’appel a confirmé le caractère exécutoire de l’ordonnance du 7 février 2023, rendue par le président du Tribunal de Première Instance de Yaoundé-Centre Administratif. Pour rappel, cette décision suspend l’assemblée générale extraordinaire du 4 janvier 2023, ainsi que tous les actes qui en découlent.
La décision de la Cour d’appel du Centre est un autre avertissement pour le ministre des Sports, Pr Narcisse Mouelle Kombi, déjà pointé du doigt pour sa gestion controversée du conflit à la FECAVOLLEY. Il est désormais attendu sur ses actes pour mettre fin à cette crise qui dure depuis trop longtemps. Dans un contexte où la politique sportive du Renouveau est remise en question dans plusieurs fédérations, le ministre des Sports a une occasion en or de redorer son blason en appliquant tout simplement cette décision de justice et en sortant par la grande porte de ce conflit, permettant ainsi au volley-ball national de se relever.
Junior NTEPPE KASSI

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