La ville d’Édéa a vibré, les 28 février et 1ᵉʳ mars derniers, au rythme des ippons. En lançant sa saison nationale dans la Sanaga-Maritime, la Fédération camerounaise de judo a réussi un pari logistique et sportif de haute volée. Entre domination technique des clubs de Y et une organisation médicale et sécuritaire irréprochable, le judo camerounais entame son année 2026 sous les meilleurs auspices.
Quitter les bases habituelles de Yaoundé et Douala pour investir Édéa était un choix fort. Le pari est gagné : plus de 236 athlètes (certaines sources officielles évoquant même le cap des 300 avec l’encadrement), issus de 32 clubs et représentant 7 régions du pays, ont répondu à l’appel. Cette mobilisation témoigne d’un maillage territorial en pleine expansion.
Le Secrétaire général de la FECAJUDO, Tekkam Kamsu-Kom, s’en réjouit : « Le travail de fond est en train de prendre. Voir des clubs venir de localités comme Eseka ou Buea prouve que notre stratégie de vulgarisation porte ses fruits. »
Panthers de Yaoundé : un leader incontesté
Sur les tatamis, la hiérarchie a été bousculée mais le sommet reste occupé par l’élite de la capitale. Le club Panthers de Yaoundé a survolé la compétition, s’adjugeant la première place avec une moisson de 14 médailles, dont 6 en or.
La lutte pour les places d’honneur a été plus serrée. Energy Judo Club et Yaoundé Sport Judo complètent le podium avec un bilan identique (02 or, 02 argent, 01 bronze chacun), illustrant une densité technique croissante chez les seniors et les juniors.

Une organisation millimétrée au service de l’intégrité physique
L’un des points forts de ce tournoi inaugural réside dans sa gestion exemplaire. Dans une discipline de contact aussi exigeante, la sécurité des athlètes est une priorité absolue. La Fédération a déployé une équipe médicale robuste, permettant une prise en charge immédiate des traumatismes légers. « Aucun cas de blessure grave n’a été enregistré. Les douleurs signalées ont été rapidement traitées, rassure le Secrétaire général. Cette rigueur organisationnelle offre aux athlètes la sérénité nécessaire pour s’exprimer pleinement, un point crucial alors que les échéances internationales se profilent.
En ligne de mire : L’Afrique et les JO de la jeunesse
Pour le président Alain Christian Kingue Dihang, Edéa n’était qu’un tremplin. L’objectif est de préparer les judokas aux championnats d’Afrique et, surtout, aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar. La détection des talents a commencé dès ce week-end pour bâtir des sélections nationales conquérantes.

Un calendrier national qui s’accélère
Le repos sera de courte durée pour la famille du judo. Le mois de mars verra les plus jeunes entrer en scène avec le tournoi Kimono d’Or (Benjamins/Minimes). En avril, le grand rendez-vous du championnat national juniors-seniors à Yaoundé servira de test final avant les joutes continentales.
En alliant rigueur administrative, couverture médicale de pointe et décentralisation géographique, la FECAJUDO prouve qu’elle dispose des fondations solides pour faire de 2026 une année historique pour le sport camerounais.
Junior NTEPPE KASSI

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