GOLF AND COUNTRY CLUB DE YAOUNDE : CALME ET SERENITE RETROUVÉS

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GOLF AND COUNTRY CLUB DE YAOUNDE : CALME ET SERENITE RETROUVÉS

Après des jours de tension marqués par des incursions musclées et des destructions environnementales, le Préfet du Mfoundi est descendu sur le terrain ce mercredi 25 février 2026. Entre rappel à la loi, protection du patrimoine écologique et dialogue avec les populations autochtones, l’heure est désormais à la sérénité sur le green de la capitale.

Le calme est enfin revenu sur les fairways du Golf and Country Club de Yaoundé. Mercredi dernier, le deuxième adjoint préfectoral du Mfoundi, représentant le préfet, a effectué une descente de terrain cruciale pour désamorcer un conflit foncier qui menaçait de s’envenimer. Cette visite fait suite à des actes de spoliation dénoncés ces derniers jours, impliquant des engins de terrassement et des hommes armés qui auraient agi sous l’impulsion de Sa Majesté Koa Thérèse et du nommé Nemi Claude.

Un désastre écologique constaté

Accompagné des riverains et des représentants des populations autochtones, l’émissaire de l’État a pu mesurer l’ampleur des dégâts. Le spectacle est désolant : des arbres centenaires ont été abattus et l’écosystème local, véritable poumon vert de Yaoundé, est durement touché. La destruction de ces habitats naturels a jeté dans la nature des animaux sauvages, notamment des écureuils et des serpents, créant une insécurité pour le voisinage. « Un Golf, ça se protège. « On ne peut pas avoir une ville comme Yaoundé sans un tel espace », a martelé Me Paul Pierre Koki, avocat du club, visiblement ému par la perte de ce refuge de biodiversité.

La collectivité Omgba Bissogo se désolidarise

L’un des points forts de cette journée a été la mise au point de la collectivité Omgba Bissogo. Contrairement aux apparences de « conflit communautaire », les membres de cette famille autochtone ont fermement déclaré ne pas être associés aux initiatives de destruction menées par Sa Majesté Koa Thérèse. Réitérant leur « bonne collaboration » avec la direction actuelle du Golf, ils ont précisé que cette dernière agirait en son nom propre, isolant ainsi les auteurs des troubles.

La force du droit : un bail toujours en vigueur

Face aux revendications foncières, le président du Golf and Country Club de Yaoundé, Joël Daniel Monefong, a tenu un discours de vérité et d’apaisement. Tout en reconnaissant la légitimité des riverains à réclamer leur espace, il a rappelé le statut juridique du club : « Nous ne sommes pas propriétaires, mais utilisateurs d’un terrain mis à disposition par l’État. »

Me Paul Pierre Koki a d’ailleurs apporté des précisions historiques majeures. Le site est régi par un décret présidentiel signé le 7 janvier 1981 par Ahmadou Ahidjo, instaurant une convention avec l’État du Cameroun. Bien que la superficie théorique soit passée de 62 à environ 51 hectares avec la création du Parcours Vita, le bail reste valide et opposable à tous. « Le bail va se poursuivre jusqu’à ce que les deux parties décident de le rompre. Pour le moment, il n’est pas question de troubler la quiétude du site, a précisé l’avocat.

Une commission pour un dénouement définitif

L’autorité administrative, après avoir écouté les différentes parties, a tranché en faveur de l’ordre public. Conformément à l’arrêté signé le 23 février par le Préfet du Mfoundi, l’arrêt immédiat des travaux a été réaffirmé à titre conservatoire.

Si les questions de fond indemnités, limites parcellaires ou droits coutumiers devront être débattues au sein d’une commission paritaire, l’urgence était à la cessation de « la prédation sauvage ». Pour la direction du club, l’essentiel est de permettre aux golfeurs de jouir à nouveau de leur espace de jeu en toute sécurité, tout en vivant en intelligence avec les populations.

En attendant les conclusions des travaux en commission, les engins se sont tus. La sérénité est de retour au golf de Yaoundé, sous l’œil vigilant de l’État qui rappelle que, si les prétentions peuvent être légitimes, les méthodes de force n’ont pas leur place dans un État de droit.

Junior NTEPPE KASSI

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