Par une décision ferme signée ce lundi 23 février 2026, Emmanuel Mariel Djikdent, Préfet du département du Mfoundi, a ordonné l’arrêt immédiat des travaux de terrassement illégaux sur le site du Golf and Country Club de Yaoundé. Une intervention salvatrice qui vient protéger un patrimoine historique, écologique et sportif menacé par une spoliation sauvage.
La récréation est terminée. Depuis plus d’une semaine, le poumon vert de la capitale camerounaise était le théâtre d’un spectacle désolant : engins lourds en action, déploiement d’hommes armés non identifiés et destruction d’arbres centenaires. Face à ce que les observateurs qualifient de « barbarie foncière », l’autorité administrative a décidé de taper du poing sur la table pour restaurer l’ordre et le droit.
Une décision administrative au nom de l’ordre public
Le texte de la décision préfectorale est sans équivoque. En s’appuyant sur les risques avérés de « troubles à l’ordre public », le Préfet Emmanuel Mariel Djikdent gèle toute activité humaine entreprise par des tiers sur le site. L’article 1er stipule l’arrêt à titre conservatoire des travaux sur ce domaine protégé par un Bail emphytéotique obtenu par Décret présidentiel (N°18/005 du 7 janvier 1981).
Cette intervention n’est pas qu’une simple formalité bureaucratique ; c’est un acte de salubrité publique. En chargeant le Sous-Préfet de Yaoundé II et les responsables des Forces de Maintien de l’Ordre de l’application stricte de cette mesure, la préfecture coupe l’herbe sous le pied d’une caste d’individus qui tentait de s’approprier, par la force et l’intimidation, un patrimoine appartenant au domaine privé de l’État.
Un écosystème et des emplois en péril
Au-delà de l’aspect juridique, c’est l’âme de Yaoundé qui était en train d’être scarifiée. Désiré Parfait Ebala, Directeur du Golf and Country Club, ne cache pas son amertume face au désastre en cours : « On a des arbres centenaires qui représentent une histoire importante de Yaoundé, et ils sont mis au sol. C’est le seul poumon d’oxygène de notre capitale. »
L’impact social est tout aussi alarmant. Le site fait vivre près de 200 jeunes, chefs de familles, dont le gagne-pain quotidien dépend de l’activité du club. Le projet de reboisement en cours, symbole d’un Cameroun vert, était sur le point d’être anéanti par une opération de terrassement sauvage menée dans l’opacité la plus totale. Comment comprendre qu’un tel joyau de 51 hectares, sécurisé et confirmé par les services cadastraux, puisse faire l’objet d’une tentative d’expropriation si brutale ?
Le cri d’alarme de la communauté sportive entendu
La réaction du Préfet intervient après une mobilisation intense des responsables du club. Joël Daniel Monefong, Président du Golf and Country Club, avait lancé en fin de semaine dernière un appel solennel aux hautes autorités de la République pour restaurer l’état de droit. Il dénonçait alors une « opération commanditée » au regard de la célérité suspecte des travaux et de la présence d’hommes en armes.
L’enjeu dépasse désormais les simples limites du green de Yaoundé II. Il s’agit de la crédibilité de tout un pays face au respect des titres légalement légués par la Présidence de la République. En sifflant la fin de la récréation, le Préfet du Mfoundi rappelle que le domaine de l’État n’est pas une foire d’empoigne pour « ennemis du progrès ».
Alors que les forces de l’ordre investissent les lieux pour veiller à l’application de cette décision, les amoureux de la nature et du sport respirent à nouveau. Mais la vigilance reste de mise : la protection de ce patrimoine national nécessite une sécurisation définitive pour que le Golf de Yaoundé reste, à l’instar des grandes capitales mondiales, le miroir de l’élégance et de la légalité républicaine.
Junor NTEPPE KASSI

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