À l’aube des Mondiaux 2026 de bodybuilding, la Fédération Camerounaise de Bodybuilding & Fitness dirigée par Achille Balemagna a lancé le casting de son élite féminine le 12 avril dernier à Yaoundé.
À moins de trois mois du coup d’envoi des Championnats du monde de bodybuilding et fitness, que le Cameroun s’apprête à accueillir en juillet prochain, la pression monte d’un cran dans la capitale. Le 12 avril 2026, Yaoundé a vibré au rythme du premier casting national visant à dénicher les ambassadrices qui défendront les couleurs du pays. Entre rigueur technique, esthétique millimétrée et détermination athlétique, cette étape cruciale marque le véritable coup d’envoi d’une aventure historique. Pour la Fédération camerounaise de bodybuilding et fitness (FECABOF), l’enjeu est double : assurer une organisation sans faille et aligner une équipe nationale capable de rivaliser avec les meilleures nations mondiales sur ses propres terres. Sous les projecteurs du Palais des Sports, une vingtaine de candidates ont défilé, chacune avec l’espoir de décrocher son ticket pour l’élite mondiale dans des catégories variées telles que Bikini, Wellness, Bodyfitness ou encore Women’s Physique, offrant ainsi un panorama complet du potentiel athlétique féminin camerounais.

La quête de l’excellence technique
Pour le président de la FECABOF, Achille Balemagna, l’enjeu de cette sélection dépasse la simple parade esthétique ; il s’agit d’une quête de perfection pour honorer le drapeau. « Nous recherchons la crème de la crème », a-t-il martelé à l’issue de six heures d’une évaluation éprouvante où chaque détail comptait. Sur les vingt prétendantes initiales, cinq ont déjà dû quitter l’aventure, rappelant que les critères de sélection ne souffrent d’aucune approximation à ce niveau de compétition. Le jury s’est concentré sur deux piliers essentiels : la prestance scénique, soit la capacité à occuper l’espace avec assurance, et le physique spécifique, où chaque catégorie répond à des standards de définition musculaire, de symétrie et de ligne. Cette rigueur, saluée par le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi pour la qualité de la gouvernance sportive, s’inscrit dans une volonté ferme de professionnaliser la discipline et de mobiliser près de 470 athlètes à l’échelle nationale pour faire de cet événement un succès total.
Des destins croisés et une ambition de fer
Derrière les muscles saillants et les poses chorégraphiées se cachent des parcours de vie marqués par la résilience et une volonté de fer. Pour Ewane Rosinee, l’une des sélectionnées du jour, cette étape est l’aboutissement d’un combat personnel acharné : elle voit dans le bodybuilding un moyen puissant d’exprimer la force et le potentiel souvent sous-estimé de la femme. Cette ambition est partagée par des athlètes plus expérimentées comme Makou Fonge epse NDzie Rosine, qui, après 15 ans de carrière et une pause pour maternité, prouve que la passion sportive n’a pas d’âge. Enfin, l’engagement de profils académiques comme Kamba Henriette Christale, professeure d’éducation physique, souligne que la discipline requiert autant de tête que de muscles. Toutes partagent un objectif commun : transformer les mois de préparation restants en médailles d’or, prouvant que les femmes camerounaises sont prêtes à briller sur la scène internationale.

Une préparation millimétrée vers juillet
Ce premier casting n’était que le premier acte d’un calendrier de préparation rigoureusement planifié par les instances fédérales. La suite du processus s’annonce intense avec un nouveau casting compétitif prévu le 25 avril, qui coïncidera avec l’ouverture du championnat national, suivi d’un stage de préparation crucial en juin dans la cité balnéaire de Kribi. Ces étapes de montée en puissance visent à peaufiner les détails techniques, la diététique et la condition physique avant le grand rendez-vous de juillet.

L’organisation progressive de ces castings témoigne d’une ambition claire : constituer une « Team Cameroon » redoutable, capable de transformer l’avantage du terrain en triomphe sportif. Alors que le compte à rebours est lancé, le Cameroun s’apprête à démontrer qu’il est une terre de bodybuilding, prête à relever le défi organisationnel et à hisser ses athlètes sur le toit du monde.
Céline BALLA BINDZI

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